Suite à ma demande, Gilbert m’a fait parvenir par courrier les informations supplémentaires que voici.

Gilbert Martin

3 route du planitre

50390 St Sauveur le Vicomte

Tél. : 02 33 41 89 55

 

 

Cher Camarade croqueur,

 

Je t’envoie la liste de variétés de pommes à cidre du Cotentin que j’ai collectionnées depuis une bonne trentaine d’années. Des explications pour chaque variété seront communiquées lorsque la secrétaire du musée de Sainte Mère aura reçu l’ordre de les « entrer » dans son ordinateur.

Les greffons sont à jeun. Je les apporterai à Ste Mère le 5 mars. Ils sont numérotés mais ce numérotage n’a qu’une valeur relative. Chaque variété était répandue et réputée au moins dans une contrée où elle était adaptée. Les premiers numéros semblent pourtant avoir été présents dans une aire de dispersion assez large.

Comme nous voulons implanter une collection je crois qu’il est nécessaire de sélectionner en priorité les variétés les plus productives  et les meilleures = C’est le cas du Petit Amer et du Gros Amer, du Sergent, du Gros Railé, du Taureau, du Marin Onfroy, mais aussi les grandes variétés historiques. D’abord la Pomme de Raie (De Haye ou de Bosq = deux termes qui dans le langage du XVI ème siècle désignaient un bois). C’est vraisemblablement une variété autochtone très ancienne trouvée dans un bois. C’était la principale variété de Gouberville et une des variétés d’élite de Négreville il y a encore une cinquantaine d’années. Puis les variétés apportées au XV ème et XVI ème siècles par des marins pêcheurs qui les avaient reçues de pêcheurs espagnols (sur les navires de pêche on embarquait des tonneaux de cidre et les marins s’offraient mutuellement du cidre). Ces variétés portent des noms significatifs = BISQUET (de Biscaye) BARBARIE, POMME D’EPICE … Ces variétés se sont hybridées avec nos vieilles variétés autochtones.

Nous devons aussi implanter des variétés qui ont des caractéristiques végétatives spéciales :

  • Les maturités les plus précoces : JAUNE COUET ou POMME DE COUET (chère à Gouberville) PETIT NEHOU, FREQUIN PRECOCE (septembre)
  • Les plus tardives: Les BOISJINGAND (le nom vient d’une ferme près de Pont l’Abbé), les OLIVIER sans oublier le « TIENT A L’ARBRE » restant sur l’arbre jusqu’en mars. Ces variétés sont aujourd’hui presque abandonnées. Elles étaient le fruit de savantes sélections. C’st notre rôle de les conserver.
  • Celles qui fleurissent le plus tard, gage de réussite, en juin : le TAUREAU, le CHINOT, le GONNEVILLE… sans oublier le FLEUR DE LA SAINT JEAN encore fleuri début juillet. On pourra peut-être s’en servir dans l’avenir pour faire des hybridations.
  • Il ne faut pas oublier non plus notre fameuse GRASSE LANGUE, très rustique, très productive, pomme sûre à manger crue, à cuire, à apporter un peu d’acidité au cidre. Elle est née dans la région de Valognes.
  • Le N° 64 (ROUGE HEUILLART ou REINETTE DU VICOMTE) n’est pas une pomme à cidre mais une délicieuse pomme à couteau en novembre – décembre. Nous devons la conserver car elle est vraisemblablement originaire du Nord Cotentin car on ne la voit jamais ailleurs ; elle est parfaitement adaptée à notre région.

ORDRE DE PREFERENCE

  1. Petit amer = Déjà présent dans le nouveau verger. Mais à tout seigneur tout honneur.
  2. Pomme de raie = Peut-être la plus ancienne pomme du Cotentin.
  3. Gros amer = Considéré comme la variété N° 1 par beaucoup d’amateur.
  4. Marin Onfroy ? Variété de grand rendement. Pommier très rustique.
  5. Piscette ou Pomme d’epice. Variété historique de Lestre
  6. Petit Robert ou Petit Thomas (peut-être Chesnaie ?). Grand rendement.
  7. Pomme douce très rustique de la région de Négreville
  8. Fleur de la Saint Jean. Fleurit début juillet. Intérêt pour des hybridations ?
  9. LA Moque vilain réputée vers Néhou (proche de Médaille d’or ?)
  10. Variété précoce partout répandu.
  11. Pomme rustique qui se marie bien avec Petit Amer.
  12. Pommier rustique fleurissant très tard.
  13. Grasse langue. Pomme acidulée à tout faire. Née dans le Cotentin.
  14. Petit Fréquin précoce. Maturité dès septembre.
  15. Pomme de Couet. Variété très ancienne. Maturité septembre.
  16. Petit Néhou. Très rustique. Maturité septembre – octobre.
  17. Gros Railé ou gros doux. Très vieille variété. Maturité septembre – octobre.
  18. Très gros pommier. Gros rendement. Proche de Gros amer.
  19. Beau Roger (Guillot Roger ?). Très vieille variété rustique et productrice.
  20. Grosse pomme de Négreville
  21. Vieille variété de la même région.
  22. Gros Boisjingand. Variété tardive rustique.
  23. Petit boisjingand. Variété tardive rustique.
  24. Olivier dit aussi Petit Griset. Variété tardive rustique.
  25. Olivier vert. Variété tardive rustique.
  26. Tient à l’arbre. (jusqu’en mars). La variété la plus tardive.
  27. Petit rouge de Gréville. Donne un très bon cidre.
  28. Pousse en hauteur. Employé pour faire des troncs.
  29. Long bois. Pousse en hauteur. Employé pour faire des troncs.
  30. Babylone = très gros pommier. Grosses pommes. Employé pour faire des pommiers très gros.
  31. Gros blanc = variété très productive.
  32. Cimetière. Vieille variété.
  33. Gros Néhou. Pomme blanche conique. Maturité octobre – novembre.
  34. Gros œil. Grande production tous les 2 ans.
  35. Pierre Desprez. Variété de la région de St Sauveur le Vicomte.
  36. Précoce de St Sauveur. Variété précoce (octobre) de la région de St Sauveur le Vicomte
  37. Apprécie le val de Saire
  38. Molène. De la région de Burneille.
  39. Gris mollet. Très connu dans la Hague.
  40. Très connu dans la Hague.
  41. Gris Tchu. Variété réputée.
  42. Grise de Jaganville. Ressemble à Piscette mais plus tardive.
  43. Petit Marin Onfroy. Semble répandu vers Saint Lô.
  44. Pomme de Monsieur (Delestre). Variété historique.
  45. Variété historique.
  46. Bisquet (Biscaye). Variété historique.
  47. Variété du Nord Cotentin.
  48. Variété du Nord Cotentin donnant souvent des siamoises.
  49. Variété du val de Saire très ancienne.
  50. Gros Lozon. Grosse belle pomme. Le Doux Lozon est dans le nouveau verger.
  51. Encore très vieille variété. Peut être aussi appelée Pomme d’Orange.
  52. Très grosse pomme du val de Saire.
  53. Pomme pêche. La plus belle des pommes à cidre. Excellente, douce.
  54. Jolie Pomme. Mérite son nom. S’appelle peut-être aussi Ecarlate.
  55. + Saint Jean. Est peut-être le Gros Railé ?
  56. Médaille d’Or. Est peut-être la Moque Vilain ?
  57. + Tardive de Jaganville. Est peut-être le Gros Amer ?
  58. + Michitiphane. Très connue vers ste Mère. Peut-être proche du Gros Railé ou Taureau.
  59. + Saint Cloud. Variété de la région de Valognes.
  60. + Grosse Branque. Peut-être proche de Gros Railé.
  61. Grande variété ancienne. Considéré la meilleure à Prétot.
  62. + Gally Bayeux. Réputée dans le Bessin à l’égale de Cartigny.
  63. Belle fille. Est peut-être dans le nouveau verger de Thère sous le nom de Belle fille de la Manche.
  64. Rouge Feuillard ou Reinette du Vicomte. N’est pas une pomme à cidre mais une délicieuse pomme à couteau vraisemblablement née dans le Cotentin.
  65. Grosse pomme « industrielle ».
  66. Belle de Chateauneuf. De bon rapport tous les ans comme Petit Robert.
  67. Pomme d’Avoine. Région de la Haye Pesnel.
  68. Pomme du Plain. Forme originale
  69. Amère de Mouville.

Tout comme la Grasse Langue, la plupart des autres variétés à couteau sont plus ou moins fragiles.

J’ai volontairement éliminé des variétés que je possède mais qui sont déjà implantées dans les deux vergers de Thère.

Dans ces vergers sont présentes :

Vieux verger près du lycée = Trépagne, Doux au Gobet, Marin Onfroy (le N° 4 de ma collection n’est peut-être pas le vrai Marin Onfroy mais il faut absolument le mettre à Thère car il est très rustique et très productif), Doux Evëque [déformation du nom de Cotentin Doux aux vêpes (vêpes en patois pour guêpes)], Gagnevin, Feuillart (Est-ce le mien ?), Doux Lozon, Auffriche, Closette, Douce Moën, Rouge de Trèves, Marie Ménard, Cazo jaune, Cartigny, Argile rouge, Doux Véret de Carrouges¸ Domaine.

Nouveau verger en haut près de l’église

Peau de Chien, Belle fille de la Manche, Douce Coët Ligné, Closette (peut-être différente de celle du vieux verger car il existe une Closette précoce et une tardive), Douce Moën, Argile rouge Bruyère, Cartigny, Judor, Pomme de Mai, Clos Renaux, Gros bois, Tête de Brebis, Doux aux vêpes, Doux Lozon, Diot roux, Blanc sûr, Fréquin rouge, Marie Ménard,Jurelle, Président Descours, Jeanne renard, Kermerien, Doux au Gobet, Rouge de Dol, Petit jaune.

Les variétés devant lesquelles j’ai mis une croix m’ont été données par M. Hautemanière. Elles ont été greffées à Sainte Mère. Mais je n’ai pas encore vu les pommes. Je ne peux donc pas dire qu’elles ne sont pas des « doublons ».

De même, les variétés que nos camarades Croqueurs ont récoltées dans le Centre Manche sont peut-être, parfois, les mêmes que les miennes sous un autre nom ou les mêmes que celles qui sont dans les 2 vergers de Thère sous un nom différent.

C’est là la difficulté de notre travail !

Ainsi dans les conservatoires nous aurons :

  • Une de nos plus vieilles variétés autochtones
  • Les variétés conquérantes des XV ème et XVI ème siècles (Barbare, Biscaye, Piscette, Pomme de Monsieur…)
  • Leurs Hybrides
  • Puis les variétés conquérantes actuelles avant tout bretonnes (Doux Coët Ligné , Kermerien, Douce Moën, Domaine…).

Espérons que les élèves des générations futures les apprécieront comme nous l’avons fait. Ainsi nous n’aurons pas perdu notre temps.

A bientôt à Saint Mère. Mes respects à ta femme.

Amicalement.

 

A St Sauveur le Vicomte, le 23 février 2005.

  1. MARTIN

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